Visite guidée virtuelle
L’origine de « Spirit Lake »

Photographie d'Algonquins. Collection Palmer.
Spirit Lake tire son origine d’une légende amérindienne. Durant certaines périodes de l’été, des fantômes flotteraient au dessus du lac.
Pourquoi un camp près d’Amos?
Hector Authier, maire d’Amos en 1914, fait pression sur le gouvernement fédéral pour implanter un camp de détention accueillant des prisonniers étant susceptible d’être « dangereux » pour la sécurité du Canada durant la Première Guerre mondiale.

Vue ouest du camp de détention. ANC/NAC PA170436.
Un apport économique considérable pour l’époque : près de 250 000 $ sont dépensés en vêtements et en nourriture.
Qu’est-ce que le camp de détention de Spirit Lake?
Spirit Lake est l’un des 24 camps de détention implantés au Canada.
À Spirit Lake, il y avait :
- 1 200 prisonniers ;
- 200 militaires ;
- 50 civils ;
- plus de 50 bâtiments sur 2 km2 ;
- une ferme expérimentale.
Son existence fut de janvier 1915 à 1917.
Organisation spatiale du camp
Mess des officiers
Au sommet du monticule, on retrouvait le mess des officiers.
Celui-ci surplombait l’ensemble des bâtiments du camp de détention.

Mess des officiers. ANC/NAC PA170611.
Ce bâtiment fut utilisé lors de la période d’activité de la ferme expérimentale ainsi que pour les cérémonies religieuses des Clercs de Saint-Viateur. En 1947, il fut démoli pour être remplacer par la résidence actuelle qui abrita l’École d’Agriculture jusqu’à la fin des années 1970.
Les baraques
Il y avait 10 baraques au camp de détention de Spirit Lake.
Elles étaient disposées en cinq de chaque côté (est-ouest) du quadrilatère actuel.

Baraque des prisonniers. ANC/NAC PA170438.
Environ 125 hommes pouvaient loger dans une baraque. Il était donc primordiale de maintenir un hygiène convenable.
Les bâtiments d’utilités (cuisine, entrepôt, boulangerie, etc.)
On comptait également différents bâtiments utilitaires afin d’alimenter les prisonniers et les militaires. Il étaient situés au centre du camp de détention. Les prisonniers se partageaient la tâche pour la préparation des repas.

Bâtiments utilitaires. ANC/NAC PA170659.

Cuisine du camp de détention. ANC/NAC PA170649.
Au-delà du camp, un village nommé « Lillienville »
Les famillles habitaient un village nommé « Lillienville ». Près de 165 hommes, femmes et enfants habitent des bâtiments en bois rond.

Bâtiments du village de Lillienville. ANC/NAC PA170622.
Le village de Lillienville, contrairement au camp lui-même, n’était pas ceinturé par des fils de fer barbelé. On y retrouvait une vie sociale religieuse et scolaire.
Deux hôpitaux au service de Spirit Lake

Hôpital de Spirit Lake. ANC/NAC PA170491.
À Spirit Lake, deux hôpitaux étaient à la disposition des prisonniers, des militaires et des civils. L’un servait à offrir des soins généraux et l’autre accueillait les patients souffrant de maladies infectieuses (typhoïde, tuberculose, etc).
Décès et naissance à Spirit Lake
À Spirit Lake, il y eu 22 décès : 21 prisonniers et une femme de militaire. Au cimetière de Spirit Lake, 19 personnes y sont inhumées. Deux enfants ont été enterrés au cimetière catholique d’Amos, anciennement situé à l’emplacement de l’évêché actuel.

Sépulture au cimetière. ANC/NAC PA170612.
La vie quotidienne au camp de détention
Les prisonniers de Spirit Lake étaient sous la Convention de La Haye. Ils pouvaient travailler strictement à subvenir à leur besoin. Certains pouvaient offrir leurs services au gouvernement ou des entreprises privées.

Défrichement par les prisonniers. ANC/NAC PA170424.
À Spirit Lake, plusieurs prisonniers ont réalisé des travaux qui ont permis l’établissement de la ferme expériementale du gouvernement fédéral. Ils ont ainsi défricher 500 hectares de terres et ont coupé du bois de pulpe.
Tentatives d’évasions
Il s’est produit plus de 50 tentatives d’évasion à Spirit Lake. Trois réussirent avec succès. La grande majorité des prisonniers revenaient au camp, victimes des nombreux moustiques de l’Abitibi.
Malheureusement, une évasion se solda par une mort tragique. L’un des deux prisonniers qui s’étaient évadés dans le secteur de Colombourg fut abattu par un colon.
Fouilles archéologiques en 1999
En 1999, la corporation Camp Spirit Lake et Archéo-8 effectuaient des fouilles archéologiques afin de situer dans l’espace, les différents bâtiments du camp de détention, du village de Lillienville et du secteur des hôpitaux.

Vue de l’intérieur du vestige 1A1; direction sud-ouest (DdGn-1-99-C11-16).
Plusieurs fondations furent dégagées et de nombreux artefacts ont été recueillis sur l’ensemble du site qu’occupait le camp de détention à Spirit Lake.
j’ai très hate de visiter ce centre d’interprétation. Je suis originaire d’Amos, j’étudie présentement en tourisme au collège Mérici de Québec pour devenir guide accompagnateur. Je vais certainement vendre cette attrait, plus que intéressant, aux gens de l’industrie.